Les défis de la vie: Bénédiction ou Malédiction ?

Dernière mise à jour : 2 nov. 2021



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Deux de mes amis m'ont répondu : « si c'est une bénédiction ; il n'y a plus lieu de prendre ça comme un défi ? »

Premièrement, Carlos Castaneda est un auteur controversé qui a écrit une douzaine de livres sur le chamanisme. Une des thématiques de ses livres est sur le guerrier, plus précisément le « guerrier de la connaissance ». Il fait la distinction entre le guerrier qui a acquis la connaissance et « l'homme ordinaire » qui est dépourvu de cette connaissance.

Sur le « défi », Carlos Castaneda a écrit ceci : « Ce n'est qu'en tant que guerrier que l'on peut supporter le chemin de la connaissance. Un guerrier ne peut pas se plaindre ou regretter quoi que ce soit. Sa vie est un défi sans fin, et les défis ne peuvent être ni bons ni mauvais. Les défis sont simplement des défis. »

Selon cette citation, l'homme ordinaire est pris dans la polarité yin-yang, il pense que ce qui est négatif est « négatif » et ce qui est positif est « positif ». Il ne lui vient pas à l'idée que ce qui est négatif peut être positif et ce qui est positif peut être négatif (comme le symbole Tai Ji du yin yang ou on voit du noir dans le blanc et vice-versa). C'est pourquoi le Guerrier de la connaissance va au-delà de cette « illusion ».

Pour répondre à votre question, je vous raconte cette vieille histoire chinoise du Taoïsme.

Dans un village, un homme très pauvre ne possédait qu'un cheval. Un jour, son cheval disparut. Les gens du village lui dirent : « C'est terrible, quelle malédiction ! Tu n'avais qu'un seul cheval. Surement quelqu'un qui te l'a volé. » L'homme pauvre, mais très sage, répondit : « Je ne sais pas si c'est bien ou si c'est mal. C'est la vie. »

Quinze jours plus tard, le cheval qui n'avait finalement pas été volé, mais s'était échappé revint avec une douzaine de chevaux sauvages. Les gens du village lui dirent : « Tu avais raison vieil homme, nous nous trompions en parlant de malédiction. En réalité c'était une bénédiction ». L'homme sage répondit : « Ne jugez pas à nouveau ! Qui sait si c'est une bénédiction ou non ? ».

Le vieil homme avait un fils unique. En dressant les chevaux sauvages, il se cassa les deux jambes. Les villageois revinrent encore et ne purent s'empêcher de juger. « Tu avais raison, ce n'était pas une bénédiction, mais une malédiction ! Ton seul fils a les deux jambes cassées ! » Le vieil homme dit : « Vous ne jugez que sur les apparences ! Mon fils s'est cassé les jambes. Qui sait si c'est une malédiction ou non ».

Quelques semaines plus tard, le pays entra en guerre. Tous les jeunes furent envoyés au front sauf le fils du vieil homme. Le village tout entier pleurait et dit au vieil homme. « Tu avais raison. Ton fils a peut-être les jambes cassées, mais il est resté près de toi... nos fils sont partis pour toujours ! ». Le vieil homme répondit : « Je ne sais pas si c'est une bénédiction ou pas, on verra bien ».

- Gaëtan Sauvé

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