Ce N’est Pas le Combat Qui Me Fait Peur… C’est le Film Que J’en Fais
- Gaëtan Sauvé
- 27 juil. 2025
- 3 min de lecture

Un jour j'ai eu un insight. Un de ceux qui frappent d’un seul coup, comme un éclair silencieux. Souvent, lorsque je décris les 3 Principes (l’Esprit, la Conscience et la Pensée), j’utilise l’analogie d’une salle de cinéma : le projecteur (Esprit), le film (Pensée) et l’écran (Conscience). Mais cette fois, j’ai vu clairement que je ne suis pas simplement devant un écran. Je ne suis pas seulement spectateur d’un film projeté par une source extérieure. Non. Je suis le projecteur. Le projecteur est en moi.
Toute ma vie, j’ai cru que je vivais la réalité. Mais ce que je vis, la plupart du temps, ce sont mes projections mentales. Je projette un film sur l’écran du présent, de l’intérieur vers l’extérieur, et j’y crois tellement que j’oublie que je suis celui qui projette.
Je me suis vu assis dans une salle de cinéma intérieure. L’écran est grand, vibrant, immersif. Les émotions sont intenses, les sensations réelles. Parfois, le film est dramatique, et mon corps réagit. D’autres fois, c’est un film de peur, de honte, de colère, et je me contracte. Mais à chaque fois, je suis emporté par l’histoire, sans voir que c’est moi qui l’ai lancée depuis l’intérieur de mon propre esprit.
Je suis le projecteur, pas le film. Et pourtant, je reste là, dans le noir de la salle, hypnotisé par mes propres images.
C’est ainsi que fonctionne l’illusion : une pensée surgit, elle est amplifiée par la conscience, et devient un film entier. Mon système nerveux, mon cœur, mes gestes, tout réagit comme si c’était réel. Mais ce n’est qu’une pensée projetée, éclairée par ma propre conscience. Rien n’est vraiment en train d’arriver, sauf dans l’espace de ma projection intérieure.
Ce que je ressens ne vient pas de l’extérieur. Ce que je vis ne vient pas des autres. Tout part de l’intérieur vers l’extérieur. Je suis le scénariste, le réalisateur, le caméraman, l’acteur… et souvent aussi le spectateur perdu.
Mais quand je vois ça, vraiment…
Quand je me rends compte que je regarde un film, quelque chose se détend.
Je ne suis plus prisonnier. Je suis libre de voir… et de ne pas croire.
Et parfois, dans ce silence entre deux scènes, le projecteur s’arrête. Plus rien à prouver, à contrôler, à retenir. Juste l’écran vide… et la Présence pure. C’est là que je touche à la vraie vie. Là que le Flow peut me traverser. Au milieu de Nulle Part. Dans le Grand Rien. Dans l’immense soupe de potentialités infinies.
🎥 Le projecteur de ma pensée en combat
Dans la vie comme en combat, je ne fais pas que vivre des expériences. Je vis surtout mes projections mentales, amplifiées par ma conscience. Je projette un film sur l’écran du présent, de l’intérieur vers l’extérieur, et j’y crois si fort que j’oublie que je suis celui qui projette.
Imagine : un championnat approche. Je dois affronter un champion redoutable. Mon cœur se serre, mon souffle devient court. Je sens l’anxiété monter. Mais d’où vient-elle, vraiment ? Il n’y a pas de danger ici, maintenant. Juste moi, debout, peut-être en train de m’échauffer. Pourtant, tout mon être réagit comme si j’étais déjà en danger.
Pourquoi ?
Parce que j’ai lancé un film dans mon esprit, depuis mon projecteur intérieur.
Un film où je me fais frapper. Un film où je perds. Où l’autre est plus fort. Où je suis jugé. Humilié. Déçu. Ce film ne dure que quelques secondes, mais il suffit à déclencher une cascade dans mon système nerveux. Et sans m’en rendre compte, je suis assis dans ma salle intérieure, absorbé par cette projection… oubliant que ce n’est pas la réalité.
Ce que je ressens dans ces moments-là ne vient ni de mon adversaire, ni du championnat. Ça vient du film intérieur que je projette sur l’écran du présent.
Et tant que je ne vois pas ça, je reste à la merci du scénario. Prisonnier d’un drame mental que j’ai moi-même lancé, de l’intérieur vers l’extérieur.
Mais quand je vois clair…
Quand je réalise que je suis le projecteur, que ce n’est qu’un film, que rien n’est encore arrivé…
Alors, quelque chose s’ouvre. Mon corps se détend. Mon esprit retrouve de l’espace. La Présence revient. Je peux recommencer à bouger, respirer, sentir.
Et là, je reviens au réel.
Je ne suis plus en train de fuir un film.
Je suis de retour dans le combat, dans l’instant, dans le Flow.
Gaëtan Sauvé, pratiquant du Kyokushin depuis 1971
Auteur du livre Le Guerrier Génératif et le Flow en combat (Automne 2025)









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