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La voie du cœur, le Flow... et pourquoi tu te fatigues pour rien


Le cœur, le Flow... et pourquoi tu te fatigues pour rien

J'ai eu un insight simple l'autre jour, un de ces moments où quelque chose que tu sais depuis toujours te frappe soudainement comme si tu le voyais pour la première fois, comme une évidence qui se révèle enfin après avoir été cachée sous ton nez pendant des années.

On dit souvent : "Le cœur ne s'arrête jamais, il bat sans cesse jusqu'à notre mort." C'est vrai. Mais en même temps, ce n'est pas complètement vrai, parce que si tu regardes vraiment, entre chaque battement, le cœur se repose, il pousse puis il se dépose, il contracte puis il relâche, et sans ce repos il mourrait, sans cette détente il n'aurait plus la force de battre. La pause entre les battements est même plus longue que la contraction, ce qui veut dire qu'on peut affirmer que le cœur se repose plus qu'il travaille, que son intelligence fondamentale réside dans sa capacité à alterner effort et récupération, tension et relâchement, dans un rythme qui ne force jamais, qui ne s'épuise jamais, qui dure toute une vie.

Alors peut-être qu'on se trompe depuis longtemps sur ce que le cœur nous enseigne. Peut-être qu'il n'est pas un symbole d'effort continu, de persévérance acharnée, de tension permanente, mais plutôt un symbole de rythme intelligent, de sagesse incarnée dans le cycle naturel du vivant.

Et là, ça devient intéressant.


Le combattant qui se bat contre lui-même (et qui perd à tous les coups)

Quand tu commences à voir ça, ça devient très intéressant pour le combat, parce que tout ce qu'on cherche à faire sur le tatami en mode forcé, en mode crispé, en mode "je vais tout donner jusqu'à m'éteindre", tout ça va exactement à l'encontre de ce que notre propre cœur nous montre depuis notre premier souffle.

On a tous connu ce combattant crispé, celui qui entre sur le tatami avec les épaules hautes, la mâchoire serrée, la respiration courte, toujours en effort, toujours en train de vouloir tenir, de vouloir prouver, de vouloir contrôler chaque micro-seconde du combat comme si sa vie en dépendait. Il ressemble à un gars qui essaie de retenir sa respiration pendant tout le combat en pensant que ça va l'aider, qu'en se durcissant il va devenir invincible, qu'en ne lâchant jamais il va finir par gagner.

Spoiler : ça n'aide pas.

En fait, ça garantit presque qu'il va perdre, ou au minimum qu'il va brûler toutes ses ressources avant même que le combat soit vraiment commencé, qu'après quarante secondes il va respirer comme s'il venait de courir un marathon pendant que son adversaire a l'air de faire une promenade relaxante dans un parc un dimanche après-midi.


Maintenant, regarde l'opposé.

Celui qui entre dans le Flow, tu le vois tout de suite, même de loin, même si tu ne connais rien au combat. Regard doux, corps détendu, mouvements précis, explosions brèves suivies d'un retour immédiat au calme, comme des vagues qui montent et redescendent, qui frappent puis se retirent, qui ne restent jamais figées dans l'effort.

Exactement comme le cœur. Impact, repos, impact, repos. Ce n'est pas de la paresse, ce n'est pas de la mollesse, ce n'est pas un manque d'intensité ou de courage, c'est une intelligence vivante qui sait que la vraie puissance vient du rythme, pas de la tension permanente, que le coup qui sort d'un corps détendu traverse infiniment mieux que le coup qui sort d'un corps crispé qui se bat contre lui-même.


Pourquoi tu combats avec le frein à main (et comment l'enlever)

Dans le combat, la puissance ne vient pas d'un muscle contracté en permanence, jamais, c'est même exactement le contraire. Un muscle crispé est un muscle lent, un muscle qui s'auto-sabote, un corps tendu est un corps qui se freine lui-même, comme si tu conduisais avec le frein à main tiré en te demandant pourquoi ta voiture n'accélère pas, pourquoi elle vibre, pourquoi elle sent le brûlé.


La vraie explosivité naît de la capacité à rester profondément relax, puis à contracter au moment précis de l'impact. Pas avant. Pas tout le temps. Juste au moment où le poing traverse la cible, où le tibia coupe la jambe, où la structure s'engage exactement à l'impact.

C'est ça, le kime : une contraction brève, précise, tranchante, entourée par un vaste espace de détente. Comme un éclair qui jaillit du ciel calme. Pas une dureté constante qui transforme le combattant en statue de tension. Un flash d'énergie. Puis retour au calme.

Relax, accélération, impact, retour au calme. Comme le cœur : diastole, systole, diastole encore.

Le mouvement devient pur. Rapide. Propre. Sans gaspillage.


L'erreur que 99% des débutants font (et comment l'éviter)

Le débutant croit souvent que pour "gagner", il doit tout donner, tout le temps, frapper sans arrêt, rester tendu, ne jamais laisser tomber la garde intérieure, maintenir une pression constante comme s'il était une machine qui ne s'éteint jamais.


Et qu'est-ce qui arrive ?

Il brûle tout : son énergie physique, son système nerveux, sa lucidité, sa capacité à percevoir, à s'adapter, à répondre intelligemment à ce qui se passe devant lui. Il se vide avant même que le combat soit vraiment commencé, il gaspille sa batterie intérieure en alimentant une tension qui ne sert à rien sauf à créer de la résistance contre lui-même.


Voici ce que ton cœur sait et que ton ego ignore :

Cette alternance contracte-relaxe, comme le cœur nous le montre depuis toujours si on prend le temps de regarder, permet de ne pas gaspiller inutilement l'énergie, de ne pas brûler les ressources pour rien, de protéger le corps et aussi le système nerveux, de garder la tête claire, la respiration vivante et la présence disponible pour ce qui compte vraiment : lire l'adversaire, percevoir les ouvertures, agir au moment juste.


Ce n'est pas frapper plus, c'est frapper mieux, moins souvent peut-être, mais avec justesse, avec cette qualité de présence qui fait toute la différence entre un coup et un coup qui compte, entre bouger et agir, entre forcer et manifester.


Le Flow n'est pas ce que tu crois

Le Flow n'est pas "je tiens, je tiens, je tiens" comme si tu retenais ta respiration jusqu'à l'asphyxie. Le Flow, c'est : je me connecte, j'agis, je relâche, je reviens, je pulse, je respire avec le combat au lieu de le combattre, je laisse l'intelligence vivante circuler au lieu de tout bloquer par la tension.


La puissance ne vient pas de la tension permanente, elle vient de la capacité à laisser revenir du vide en soi, à créer de l'espace pour que l'action suivante naisse fraîche, vivante, non forcée, non planifiée, non figée dans un script mental qui ne tient jamais la route face à la réalité imprévisible du combat.

Comme le cœur. Comme le vrai kime. Comme le combattant génératif.


(Et dans ta vie, c'est exactement pareil)

Et dans la vie ? Même principe, exactement le même, sans exception.

Tu ne peux pas vivre en contraction constante, tu ne peux pas être toujours en train de performer, toujours en train de pousser, toujours en train de "tenir" comme si ta valeur dépendait de ta capacité à ne jamais lâcher prise, à ne jamais t'arrêter, à ne jamais respirer.

Si tu veux durer, si tu veux rester humain, si tu veux rester connecté à ce qui compte vraiment dans ton existence, tu dois battre et te reposer, tu dois contracter et relâcher, tu dois exploser et revenir au calme, sinon tu n'es plus dans le Flow, tu es dans la survie, tu cours en mode panique permanent en te demandant pourquoi tu es toujours fatigué, pourquoi rien ne coule, pourquoi tout semble si difficile.


La question qui change tout

Alors je te pose la question, et prends quelques secondes pour vraiment y réfléchir :

Et toi, comment bat ton cœur intérieur ? Et comment frappe ton corps en combat ? Toujours en tension ? Toujours en force brute ? Toujours en mode "tout donner maintenant" jusqu'à t'éteindre, jusqu'à brûler toutes tes ressources, jusqu'à ne plus savoir pourquoi tu fais ce que tu fais ? Ou capable d'alterner puissance et douceur, précision et détente, impact et repos, comme le cœur le fait depuis ta naissance sans que tu aies à y penser, sans que tu aies à forcer quoi que ce soit ?


Peut-être que le vrai combattant n'est pas celui qui force le plus, mais celui qui a compris la sagesse la plus simple et la plus vivante contenue dans notre cœur : il bat fort parce qu'il sait se reposer.


BONUS : Le dialogue qui va tout clarifier


Dialogue Coach-Élève : Le guerrier constipé


L'Élève : Coach, j'ai un problème. Je m'épuise tout le temps en combat. Après une minute je suis déjà mort, je respire comme si j'avais couru un marathon avec un sac de patates sur le dos, pendant que mon adversaire a l'air de se promener dans un parc un dimanche matin. Je ne comprends pas. Je m'entraîne dur !

Le Coach : Mmh. Montre-moi ta garde.

L'Élève : (se met en garde, poings serrés, épaules hautes)

Le Coach : Parfait. Maintenant tiens ça pendant deux minutes.

L'Élève : Quoi ? Juste rester comme ça ?

Le Coach : Juste rester comme ça. Vas-y.

L'Élève : (tient sa garde, commence à trembler après 30 secondes) Putain... mes épaules...

Le Coach : Ouais. Imagine faire ça pendant un combat de deux minutes tout en essayant de frapper, bloquer, bouger, penser. Tu vois le problème ?

L'Élève : (relâche sa garde, secoue ses bras) Okay, okay. Mais si je me détends, je vais me faire frapper !

Le Coach : (rire) Ah oui ? Touche ton cœur. Il bat ?

L'Élève : Euh... oui ?

Le Coach : Il est tendu en permanence, ton cœur ?

L'Élève : Ben... non ?

Le Coach : Il bat comment ?

L'Élève : Il... bat. Il se contracte puis il se relâche.

Le Coach : Exactement. Contracte, relâche. Contracte, relâche. Et devine quoi ? La pause entre les battements est plus longue que la contraction. Ton cœur se repose PLUS qu'il travaille. Et il fait ça depuis ta naissance, sans jamais s'arrêter, sans jamais brûler, sans jamais s'épuiser. Maintenant, toi, tu veux combattre en restant contracté tout le temps comme un gars qui retient sa respiration en pensant que ça va l'aider ?

L'Élève : (silence) Merde. Quand tu le dis comme ça...

Le Coach : Ton cœur est littéralement en train de te montrer comment combattre depuis quarante ans et tu l'as jamais remarqué. (sourire) C'est un peu comme avoir le meilleur coach du monde qui habite dans ta poitrine et que tu ignores complètement.

L'Élève : (rire) Okay, mais concrètement, je fais quoi ? Je me relâche complètement et je me fais défoncer ?

Le Coach : Non. Tu apprends à pulser. Comme le cœur. Tu restes détendu, ouvert, disponible. Et quand tu frappes ? BAM. Contraction explosive au moment de l'impact. Puis retour immédiat au calme. C'est ça le kime. C'est pas être dur tout le temps comme une statue. C'est être un éclair qui jaillit du ciel calme.

L'Élève : Un éclair qui jaillit du ciel calme... j'aime ça.

Le Coach : Tu veux savoir le truc le plus drôle ?

L'Élève : Quoi ?

Le Coach : Les débutants pensent que les vrais combattants sont tendus, durs, toujours en mode "guerrier intense". Mais va regarder un champion. Va regarder quelqu'un qui est vraiment dans le Flow. Il a l'air... relax. Presque endormi. Jusqu'au moment où il frappe. Et là, tout son corps s'engage en une fraction de seconde, le coup passe, et il retourne au calme comme si rien ne s'était passé.

L'Élève : Comme mon adversaire l'autre jour. Il avait l'air de faire une sieste debout, et moi je suais comme un porc en mode panique totale.

Le Coach : Exactement. Tu sais pourquoi il était calme ?

L'Élève : Parce qu'il est meilleur que moi ?

Le Coach : Non. Parce qu'il a compris que combattre contre toi-même en te crispant, c'est la pire stratégie possible. C'est comme conduire avec le frein à main tiré en te demandant pourquoi ta voiture n'accélère pas. Tu brûles tout ton gaz à te battre contre toi-même avant même de toucher l'adversaire.

L'Élève : (grimace) Je fais exactement ça.

Le Coach : Je sais. Tout le monde fait ça au début. Tu veux être "prêt", alors tu te tends. Tu veux être "fort", alors tu serres tout. Tu veux "tenir", alors tu contractes tout ton corps comme si tu essayais de ne pas faire caca dans un endroit public.

L'Élève : (éclate de rire) QUOI ?!

Le Coach : (sourire) Quoi, c'est pas une bonne métaphore ? Tu es tendu, rouge, transpirant, tout ton corps tremble d'effort inutile...

L'Élève : (mort de rire) Okay, okay, j'ai l'image. Le guerrier constipé. Merci Coach.

Le Coach : De rien. Alors maintenant, tu veux combattre comme un guerrier constipé qui brûle toute son énergie à se crisper ? Ou comme ton cœur, qui pulse tranquillement depuis quarante ans sans jamais forcer ?

L'Élève : (respire profondément) Comme le cœur.

Le Coach : Bon. Remets-toi en garde. Mais cette fois, épaules basses. Mâchoire relâchée. Poings... (l'Élève serre ses poings) ...non, pas serrés comme si tu voulais écraser une noix. Juste fermés naturellement. Comme si tu tenais un oiseau vivant. Assez fermé pour qu'il ne s'échappe pas, mais pas assez pour le tuer.

L'Élève : (ajuste sa garde) Okay... c'est bizarre. J'ai l'impression d'être vulnérable.

Le Coach : Frappe le sac. Fort.

L'Élève : (frappe)

Le Coach : Tu as senti la différence ?

L'Élève : (yeux écarquillés) Putain... c'est passé tellement plus vite. Et ça a frappé plus fort.

Le Coach : Parce que ton corps ne se battait plus contre lui-même. L'énergie a traversé au lieu de se bloquer dans ta tension. Relax, explosion, retour au calme. Comme le cœur. Diastole, systole, diastole. Encore.

L'Élève : (frappe plusieurs fois, retour au calme entre chaque coup)

Le Coach : Voilà. Maintenant tu ressembles moins à un guerrier constipé et plus à un combattant.

L'Élève : (rire) Je vais jamais oublier cette image.

Le Coach : C'est le but. Parce que dans ton prochain combat, quand tu vas sentir tes épaules monter, ta mâchoire se serrer, tes poings se crisper, tu vas te rappeler : "Merde, je suis en train de devenir le guerrier constipé." Et tu vas relâcher.

L'Élève : Et si je me fais frapper pendant que je me relâche ?

Le Coach : Tu vas te faire frapper cent fois plus si tu restes crispé, parce que tu seras lent, rigide, et brûlé après trente secondes. Mais si tu restes détendu ? Tu pourras bouger, t'adapter, voir venir les coups, et quand tu frappes, tu frappes avec tout. Pas avec une partie de toi pendant que l'autre partie se bat contre elle-même.

L'Élève : (silence, puis) Coach, pourquoi personne m'a jamais dit ça avant ?

Le Coach : Parce que tout le monde pense que "fort" veut dire "tendu". Mais ton cœur sait mieux. Il bat depuis quarante ans, des milliards de fois, sans jamais forcer, sans jamais brûler, sans jamais se crisper. Il pulse. Il respire. Il donne, puis il reçoit. Il frappe, puis il se repose. C'est la sagesse la plus simple du monde, et elle est là, dans ta poitrine, depuis ta naissance. (tape doucement sur le torse de l'élève) Tu as le meilleur coach du monde ici. Écoute-le.

L'Élève : (met sa main sur son cœur, sourit) Osu, Coach.

Le Coach : Osu. Maintenant va frapper ce sac pendant 40 minutes comme un cœur. Pas comme un guerrier constipé.

L'Élève : (rire) Tu vas jamais me laisser oublier ça, hein ?

Le Coach : Jamais! Je te le promets.


Gaétan Sauvé Pratiquant du Karaté Kyokushin depuis 1971 Livre à paraître : Le combattant génératif et le Flow en combat

 

 
 
 

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