LES SEPT « CRITÈRES » CHEZ LES CHAMPIONS DE KARATÉ KNOCKDOWN PENDANT UN COMBAT. Première partie.

Dernière mise à jour : 15 mai


Cette série d’articles est extraite de mon prochain livre : Comment gagner avec le jeu intérieur en Karaté Knockdown. À paraître bientôt.


Voici le premier d’une série d’articles que j’ai appelé dans le passé, les sept « secrets » du guerrier. Et que j’ai renommé les sept « secrets » des champions Knockdown. Ce sont des critères qui ont été élicités chez 3 grands champions de Karaté Knockdown lors d'un projet pour l'obtention de mon titre de maître-praticien en programmation neurolinguistique en 1996.


Les combats de Karaté Knockdown sont parmi les plus excitants et les plus riches en suspense dans le monde des arts martiaux. Les combattants doivent avoir un état d’esprit clair lorsqu’ils affrontent leurs adversaires, car le succès de ces combats dépend souvent de leur capacité à lire leur adversaire et à anticiper son prochain mouvement. Dans cette série d’articles, j’aborderai sept éléments clés qui sont nécessaires pour qu’un combattant puisse exceller dans les combats de karaté knockdown, et comment vous pouvez modeler chacun d’entre eux dans votre propre entrainement.


MISE EN GARDE ! Avant de poursuivre cette série d’articles, j’aimerais faire une mise en garde. Il y a beaucoup plus de critères que les sept critères que je décris. J’ai dû faire une synthèse et exclure certains phénomènes qui étaient présents chez certains modèles et non chez d’autres. Aussi ces critères sont exclusivement présents « pendant » le combat. D’autres critères et valeurs doivent faire partie de ces champions « avant » les championnats et « après » les championnats pour faire en sorte qu’ils deviennent et demeurent champions. Les divers types d’entrainements, la nutrition, la maitrise émotionnelle, la préparation mentale (motivation, concentration et focalisation, visualisation, exercice d’attention et de pleine conscience, le centrage des trois esprits, etc.) la pré-analyse et la post-analyse des combats et des adversaires, la rétroaction, les stratégies et les tactiques, le coaching, etc. Tout cela n’est pas inclus dans ce qui se passe pendant le combat de compétition. Ce sont tous des modèles différents qui vont être plus détaillés dans mon ouvrage. C’est ce que j’appelle les modèles du modèle du guerrier (ou combattant de Karaté Knockdown) sur mon site LaVoieduGuerrier.com. Je parle de ces différents Modèles et des six domaines du guerrier (combattant Knockdown).


AVERTISSEMENT ! Un autre point que je tiens à souligner ces que les trois modèles que j’ai interviewés pour ce projet de modélisation n’étaient pas conscients de ces critères. Car ceux-ci étaient inconscients chez eux. Certains de ces critères pouvaient être naturellement présents chez eux et d’autres ont été développés à travers des milliers et milliers d’heures d’entrainement et de participation à des tournois. Ils les ont découverts consciemment à travers mon interview et ma grille d’analyse de modélisation. L’avantage d’une modélisation c’est que lorsque ces critères sont révélés, il est possible de créer des modèles par la suite et de transférer ceux-ci chez des sujets qui désirent les appliquer dans leurs vies. C’est un des objectifs de mon livre.


Mon projet de modélisation en 1996 sur ce qui se passe pendant un championnat de Karaté Knockdown chez des champions


En 1990, j’ai suivi plusieurs formations de PNL. De 1994 en 1997, j’ai suivi une formation rigoureuse de trois ans en programmation neurolinguistique, hypnothérapie et coaching au Centre Québécois de PNL. Pour ma formation de maître-praticien en PNL. J’avais un projet de modélisation à faire pour avoir ma certification. Nous devions créer un modèle sur un sujet particulier et faire en sorte que nous pouvions ensuite transférer ce modèle chez un sujet qui voudrait répliquer cela dans sa vie.


Qu’est-ce que la modélisation ?


La modélisation est une façon de copier ce que quelqu’un fait avec succès. Il peut être utilisé pour apprendre de nouvelles compétences ou pour améliorer celles que vous avez déjà.


Les modélisateurs observent attentivement les gens et essaient de comprendre ce qu’ils font qui leur permet de réussir. Ils utilisent ensuite ces informations pour créer un modèle leur permettant d’acquérir eux-mêmes cette compétence.


La modélisation est aussi un moyen d’apprendre à faire quelque chose en regardant quelqu’un d’autre le faire. C’est un peu comme apprendre à faire du vélo en regardant quelqu’un d’autre le faire. Vous pouvez voir comment il s’y prend, puis essayer de le faire vous-même. C'est aussi ce que font tous les karatékas en observant leurs instructeurs (des modèles) et en répliquant les mêmes mouvements. Tous les karatékas, même s'ils n'en sont pas conscients, apprennent les arts martiaux par le principe de modélisation somatique (physique).


Mon projet de modélisation


J’ai décidé de modéliser ce qui se passait pendant un combat de Karaté Knockdown. Les critères qui doivent être présents dans l’état d’esprit du combattant qui excelle en combat. J’ai donc choisi trois grands champions qui avaient remporté plus d’une quinzaine de compétitions de knockdown chacun. Et à travers la grise d’analyse de la méthode de David Gordon (The Array method), ainsi que ma propre expérience en Karaté Knockdown, j’ai découvert au moins 7 critères présents chez chacun de ses champions.


Je décris aussi d’autres phénomènes que je n’avais pas découverts lors de cette modélisation qui a eu lieu en 1996.


Mes trois modèles


Mes trois modèles étaient Shihan David Pickthall (Président actuel de IFK Kyokushin), Sensei Gerry Marketos et Senpai Jean-Baptiste Bélanger.


Voici maintenant ces 7 critères que j’ai découverts sur ces trois modèles. Dans cette série d’articles, je dédierai un article pour chacun de ses critères.


LES SEPT « SECRETS » DU GUERRIER


1. Utiliser une vision périphérique.


2. Arrêter le dialogue interne.


3. Filtrer les bruits extérieurs (concentration). Réalisé par la « tunnel visuel et auditif ».


4. Être en conscience externe (ce qui focalise votre attention sur l’autre en plus d’empêcher toute sensation de douleur sur soi, utile en combat plein contact, car notre attention est « dissociée » de soi).


5. Reconnaître les anomalies et points faibles de son adversaire. De manière non consciente.


6. Distorsionner le temps pour voir l’autre au ralenti et augmenter sa vitesse.


7. Être détendu physiquement, mais vigilant (zanshin) et l'esprit focalisé sur son adversaire, mais sans attache (mushin). Ainsi les mouvements sont plus « explosif » et le « timing » impeccable.


Le mode VK


J’ai découvert aussi une autre caractéristique très importante des champions qui n’est pas décrite explicitement, mais qui fait partie de tous ces critères. Chacun de ces champions pendant le combat est dans un mode synesthétique Visuel-Kinesthésique, que j’appelle le mode VK. Il voit (V) et agit (K) de manière simultanée. La synesthésie est un phénomène où la stimulation d’une voie sensorielle entraine une expérience automatique et involontaire dans une autre voie sensorielle. Par exemple, lorsque certaines personnes entendent le son d’une cloche, elles peuvent automatiquement voir une couleur ou ressentir la faim (kinesthésique viscérale).


Chez le combattant, la synesthésie VK est un état dans lequel un type de stimulus tel que la vue (V) d’une anomalie chez l’adversaire déclenche simultanément une autre réponse, un mouvement comme un coup de pied (K). Une personne atteinte de synesthésie peut voir une couleur spécifique ou même un son lorsqu’elle perçoit une faute chez son adversaire. Ceci est interprété par ce que j’appelle notre esprit relationnel (voir les trois esprits) qui est connecté à l’inconscient. Ces phénomènes ne passent pas par l’esprit cognitif conscient (notre dialogue interne).


Des méthodes d’entrainement pour intégrer le mode VK sont aussi proposées dans le livre, la formation en ligne et le séminaire. J’expliquerai plus en détail ce mode VK dans un autre article de cette série sur les sept « secrets ». Car le mode VK est l’élément le plus important pour créer un top combattant dans tout sport de combat et explique pourquoi certains combattants sont plus privilégiés que d’autres.


Performance optimale versus mauvaise performance


Ce qui est intéressant dans cette démarche, c’est que je devais aussi découvrir ce qui se passait lorsque ces champions avaient un mauvais match ou perdait un combat (même s’il le gagnait à cause de l’arbitrage). À chaque fois, la majorité ou tous ses éléments n’étaient pas présents lors de leurs défaites.


Ces 7 éléments se retrouvent aussi dans d’autres domaines que le combat plein contact, j’en suis convaincu. Remarquez que ce que j’ai découvert dans cette modélisation sur ce qui se passe pendant les deux minutes d’un combat knockdown décrit aussi certains phénomènes reliés à ce que les athlètes appellent « la zone » ou la théorie du flow.


Lorsque vous avez intégré ces critères, vous pouvez les transférer dans tous les autres sports et domaines de votre vie (les arts, votre carrière, etc.). Ce n’est pas pour rien que le Samouraï Miyamoto Mushashi qui a écrit le livre sur la stratégie militaire : le livre des cinq anneaux (Go Rin no Sho), déclare que lorsque vous maîtrisez l’art de la guerre vous pouvez maîtriser plus facilement et rapidement un autre art si vous y focalisez votre esprit.


Lorsque ces divers éléments sont maîtrisés, ils nous permettent d’agir avec stratégie et d’atteindre un haut niveau d’adaptabilité sur le terrain.


Mettre K. O. le chaos du combat grâce à la stratégie


Étant donné que sur le front de la compétition toute situation est de nature chaotique, unique et change de moment en moment, il faut être capable d’exécuter les bonnes décisions rapidement. C’est Sun Tzu qui disait cela.


Observez comment ces sept critères répondent aux 3 points fondamentaux de Sun Tzu, dans l’art de la guerre qui dit que pour agir décisivement et stratégiquement, il est impératif de maîtriser ces 3 points fondamentaux :


  1. Avoir une bonne compréhension de sa position (en rapport avec l’autre).

  2. L’habileté de « voir » les opportunités.

  3. Connaître instantanément comment répondre aux situations.


Dans mes prochains articles, je vous détaillerai plus en profondeurs chacun des sept critères que j’ai élicités dans mon projet de modélisation.

Gaëtan Sauvé

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