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Troisième partie: 2. Arrêter le dialogue interne:

Voici le troisième article de ma série sur les 7 secrets du champion Knockdown.


3. Filtrer les bruits extérieurs (concentration). Obtenu par le "tunnel auditif et visuel".

4. Être en conscience externe (ce qui permet de focaliser son attention sur l'autre personne et d'éviter toute sensation de douleur sur soi, utile en combat full contact, car notre attention est " dissociée " de nous-mêmes).

5. Reconnaître les anomalies et les points faibles de son adversaire. De manière non consciente.

6. Déformer le temps pour voir l'autre au ralenti et augmenter la vitesse.

7. Être physiquement détendu, mais alerte (zanshin) et l'esprit concentré sur l'adversaire, mais sans attachement (mushin). De cette façon, les mouvements sont plus explosifs et le timing impeccable.



Pourquoi il faut arrêter le dialogue interne pour être présent et créatif en combat


Vous êtes en train de vous battre et vous essayez de vous concentrer sur votre adversaire. Cependant, vous vous concentrez également sur ce que vous vous dites dans votre tête. Cela peut conduire à de mauvaises performances et à des erreurs.


Dans un combat, vous devez être concentré sur votre adversaire. Vous ne pouvez pas vous permettre d’être distrait par autre chose, y compris par ce que vous vous dites dans votre tête. Si vous êtes distrait, vous serez touché ou même assommé.


Dans un combat, vous devez être concentré et alerte. Le dialogue interne peut entraîner le doute, la distraction, la perte de concentration et l’instabilité émotionnelle. Tous ces éléments peuvent entraîner de mauvaises performances et des erreurs. Restez concentré pendant un combat en éliminant votre dialogue interne et en vous concentrant sur ce que vous voyez (visuel) et ce que vous ressentez (kinesthésique), ce que j’appelle la stratégie VK.


Bruce Lee et l’importance de ne pas penser, mais de ressentir


Dans Opération Dragon, un film de Bruce Lee, celui demande à un étudiant de lui donner un coup de pied. Insatisfait, il lui demande de recommencer en lui demandant d’y mettre plus « d’émotion ». Insatisfait de son coup de pied, il lui demande à nouveau de recommencer, mais de ne pas penser, seulement de « ressentir ».


Personnellement, je crois que Bruce Lee a fait une erreur en confondant une émotion, d’une sensation. Ce sont deux choses différentes. Un feeling est une « sensation » primaire qui provient de notre système kinesthésique. Une émotion est le résultat d’une réponse à une pensée et est un processus secondaire. Le dialogue interne va souvent créer des émotions négatives, nous reviendrons sur ce point plus loin.


En combat, nous devons être proches de nos sensations qui sont instantanées, tandis que nos émotions vont nous ralentir et nous empêchent d’être dans l’instant. Lorsque Bruce Lee dit à son étudiant de « ressentir » et de ne pas « penser », il lui dit d’être dans son système kinesthésique, qui fait partie de l’esprit « somatique ». Et non d’être dans son « dialogue interne ». C’est ce que Bruce Lee dit à son élève quand il lui dit : « ne pense pas, ressens ».

Lorsque vous n’êtes pas concentré sur vos pensées ou émotions, vous pouvez ressentir avec tout votre corps. Vous êtes plus ouvert à l’utilisation de votre intuition et votre créativité pendant le combat. Quand vous arrêter de vous concentrer sur votre dialogue interne, vous « voyez » et « ressentez » vraiment ce qui se passe dans le champ, le territoire. Il n’y a plus un « vous » qui agissez sur « un autre » sur le « territoire », mais seulement l’action en tant que telle. C’est à ce moment que toutes vos actions sont justes.


Pourquoi le dialogue interne peut-il être dangereux pendant le combat


Il existe de nombreuses façons dont le dialogue interne peut nuire à votre performance dans le karaté plein contact et dans d’autres sports de combat. Dans le karaté plein contact, si vous commencez à penser à ce que vous faites, vous serez frappé. Vous devez être complètement dans le moment présent. Une erreur d’une fraction de seconde peut faire la différence entre gagner et perdre.


Dans cet article, nous allons aborder les trois principales façons dont le dialogue interne peut vous freiner et vous donnez certaines pistes pour résoudre ce problème d’une manière créative et générative.


1. Il peut entraîner des hésitations et une perte de concentration.


Premièrement, le dialogue interne peut conduire au doute et à l’hésitation. Cela peut vous amener à hésiter dans vos mouvements et à prendre de mauvaises décisions. Le dialogue interne peut conduire à la distraction et à la perte de concentration. Vous risquez alors d’être frappé ou même assommé lors d’un combat à cause.


2. Pendant un combat, vous devez être complètement concentré sur le temps présent, au lieu de vous promener entre le passé et le futur.


Si vous n’êtes pas concentré sur le moment présent, vous avez plus de chance de perdre le combat. Il peut être difficile de se concentrer entièrement sur le présent, surtout lorsque vous pensez à des événements passés ou futurs. Par exemple, lorsque vous vous dites que vous avez manqué une opportunité de placer votre technique favorite en réponse à son coup de pied (événement passé) et que vous vous dites que vous allez vous reprendre quand il va refaire cette technique (événement futur). Une étude publiée en psychologie sportive a révélé que plus les gens pensent au passé ou au futur, moins ils sont capables de se concentrer sur la tâche à accomplir. Lorsque vous êtes pleinement conscient du temps présent, aucun dialogue interne ne peut surgir. Les exercices de pleine conscience sont la clé pour que le dialogue interne s’estompe. J’y reviendrai dans un autre article.

Lorsque vous êtes pleinement conscient du temps présent, il n’y a pas de place pour le dialogue interne. Votre esprit cognitif est concentré sur chaque geste de votre adversaire, celui-ci est en « mode visuel » et non en mode « auditif interne ».


Bruce Lee, dans la même scène du film Opération Dragon, explique à son étudiant pourquoi il ne faut pas penser en lui racontant une métaphore. Il lui dit : « c’est comme un doigt qui pointe au loin vers la lune. Ne vous concentrez pas sur le doigt ou vous manquerez toute la gloire céleste ! ». Bruce enseigne à son élève l’importance de rester pleinement présent dans l’instant présent.


Bruce Lee affirme dans cette citation que si nous ressentons ce qui se passe dans le moment présent, au lieu de l’analyser et que nous restons présents, alors nous pouvons vraiment ressentir l’ensemble de l’expérience. Ensuite, nous ressentons vraiment l’expérience dans sa totalité plutôt que de fragmenter les parties de l’expérience que nous avons l’intention d’analyser. Nous ne sommes plus séparés de ce qui se passe autour de nous, car nous existons complètement dans l’expérience. Nous ne sommes pas enfermés dans notre tête même brièvement, mais nous sommes absorbés dans le champ relationnel et chaque action de notre adversaire. Nos réponses sont créatives et « génératives » et nous trouvons instantanément les solutions pour vaincre notre adversaire.


3. Le dialogue interne peut également conduire à la peur, au doute et entraîner une instabilité émotionnelle.


Le dialogue interne peut entraîner une instabilité émotionnelle. Cela peut vous amener à vous sentir dépassé ou frustré dans un combat, ce qui peut vous conduire à de mauvaises performances et à des erreurs. Le problème du dialogue interne est qu’il peut être inexact, vous distraire de ce qui se passe autour de vous et susciter des émotions négatives comme la peur ou l’anxiété. Vous pouvez penser que vous êtes en train de perdre contre votre adversaire et qu’il est trop tard pour reprendre le dessus quand en réalité vous pouvez mettre K.O. votre adversaire à moins de cinq secondes avant la fin du combat. Votre dialogue intérieur s’il est contrôlé par votre critique intérieure peut facilement vous faire abandonner le combat surtout s’il est teinté de « perfectionniste ».


Le dialogue interne fait surgir son allié, le critique interne


J’ai déjà coaché un athlète de knockdown qui avait un critique intérieur « perfectionniste » très prononcé. Bien qu’il eût une excellente technique, qu’il était très fort, qu’il s’entraînait cinq fois par semaine et qu’il était excellent en combat, lorsqu’il avait de l’opposition en combat son dialogue intérieur se battait contre lui. Il se battait contre deux adversaires en même temps, ce qui nuisait à sa performance. Je l’ai coaché mentalement pendant quelques sessions et il a finalement replacé son critique et son dialogue à sa place. C’est-à-dire pendant la post-analyse du combat et non pendant le combat. Le dialogue intérieur a sa place après un combat pour analyser les forces et les faiblesses afin de s’améliorer. Le critique et le dialogue intérieur sont essentiels pour devenir un champion, il doit juste être placé au bon endroit. Après deux séances de transe sportive, l’opposition le rendait encore plus « vivant » et plus « Kinesthésique » au lieu de déclencher son critique et dialogue interne.


Certains me critiquent quand je dis qu’il ne faut pas penser en combat, qu’il faut « analyser » son adversaire. Je suis d’accord avec leurs arguments, ce que j’affirme c’est que nous devons penser « visuellement » et non auditivement. Il faut voir ce qui se passe sur le territoire et non entrer dans sa tête pour commenter ce qui se passe. C’est pourquoi que la meilleure solution pour diminuer le dialogue interne en combat se trouve dans le premier secret de cette série d’articles, c’est-à-dire être en « vision périphérique ». La vision périphérique et la pleine conscience font partie de la solution pour devenir un combattant redoutable en compétition knockdown, ainsi que la stratégie VK (Visuel-Kinesthésique) dont je discuterai lors de cette série d’articles sur les 7 secrets du champion knockdown.


Gaëtan Sauvé








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